Frederic Elkaim

« L’enragé engagé », 2011

Par Frédéric Elkaim, Professeur à Drouot

FR Gérard Escougnou, l’expressionniste abstrait, l’homme des couleurs et des puissances telluriques, celui que l’on rencontre dans le bruit et la fureur, au détour de sa pudeur, et pour lequel il faut se garder de tout jugement hâtif, tant sont nombreux les facettes qui émaillent la surface de ses toiles trempées dans la sueur de son humanité brute.
Gérard Escougnou, le constructeur, peint avec ses doigts, avec sa force, avec son ventre, avec ses couilles, et met toute sa force de constructeur dans un face-à-face violent avec la matière d’où jaillissent fulgurances, frémissements et purs moments de poésie.
Gérard Escougnou, l’ours qui déchire, broie, réduit en poudre et réinvente, tord et dissout les formes, anéantit sans pitié ce qu’il rate et invente sans relâche des mondes de tâches et de coulures, d’éruptions pourpres et de forêts tourbillonnantes un monde vert, noir, rouge, dont l’organicité rend l’être de chair à ces instruments primitifs
Gérard Escougnou, l’homme enfin, qui apaisé par l’orgie de peinture, après s’être perdu dans de sombres chemins, filtre patiemment, lisse, glace , lustre et fait briller la matière dont les couches successives sont les souvenirs de luttes titanesques, comme un reflet ancien et profond dans un puits de mémoire
Gérard Escougnou l’équilibre des forces contraires, violence, beauté, poésie force, vanité, espoir, chagrin, fierté, défiance, pudeur, brutalité, intelligence, raison expérimentation, esthétique… une peinture sans jugement dont la mesure est traduite par notre regard étonné devant tant d’effervescence et de tension fragile : vie pure qui jaillit, vrombit et se brise en de frémissantes arabesques.

 

EN Gérard Escougnou, abstract expressionist, a man of colors and earthly powers, that we meet amidst a sound and fury punctuated with discretion, and from which we must refrain from hasty judgment, so numerous are the facets that populate the surface of his paintings, drenched in human sweat and brute humanity.
Gérard Escougnou, builder, paints with his fingers, with his strength, from his stomach, from his balls, and musters all his constructive force in a face to face confrontation with the material which spurts forth in powerful, trembling, and pure moments of poetry.
Gérard Escougnou, a bear who rips, grinds, reduces to powder and reinvents, twists and dissolves forms, crushing without pity when unsatisfied, then ceaselessly rebirthing worlds made of stain and color, purple eruptions, and whirlwind forests – a world of green, black, and red, whose organic being gives lifeblood and flesh to these primitive instruments.
Gérard Escougnou, at last the man, released from an orgy of painting, after having been lost in somber avenues, patiently filters, smooths, glazes, lusters and shines the material whose successive layers are echoes of titanic struggles, like the ancient and profound reflection of a well of memory. Gérard Escougnou, an equilibrium of contrasting forces, violence, beauty, poetry, force, vanity, hope, sorrow, pride, defiance, timidity, brutality, intelligence, reason, experimentation and esthetic precision… a painting without judgment, whose measure is translated by our stunned gaze in face of so much effervescence and fragile tension: a pure life that spits, vibrates, and bursts out in trembling arabesques.

 

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