PAYSAGES

Si son œuvre est éminemment abstraite, nombre de ses premiers tableaux conservent encore une référence au réel dans leurs titres mêmes, qui renvoient à des sites géographiques (Bocage, Alpes, Bora Bora, Taïga, Nord Fjord), alors que Rorschach constitue une sorte de paysage mental halluciné évoquant les souvenirs et traumas dans lesquels Pollock puisait son inspiration. Les tonalités austères et telluriques des œuvres d’Escougnou enracinent enfin sa production dans un sol raboteux où s’amassent donc diverses couches de matières. On remarque aussi qu’à ce stade-là, quasiment aucun vide n’apparaît dans les œuvres de Gérard Escougnou – comme si son art, à l’instar de la nature chez les Anciens, avait horreur du vide. Les panneaux de bois sont effectivement saturés de coulures et de taches de peinture jetée à même la surface du tableau, puis recouverts d’une couche de vernis. Gérard Escougnou explique d’ailleurs se livrer à de véritables expérimentations, où les coulures et les taches se forment et se fixent de manière quasi autonome. En fait, le peintre ne fait que lancer l’acrylique liquide ou l’encre sur les panneaux de bois, sans pouvoir tout à fait prévoir le rendu final. Mais s’il ne maîtrise pas totalement les taches et les coulures qui se forment, le peintre conserve le pouvoir de juger de leur apparence, et d’anéantir les tableaux qu’il ne juge pas satisfaisants.
Par François Salmeron, critique d’art

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